LES BEAUTÉS DE LA NATURE À L’ÉPREUVE DE L’ANALYSE

Programmes scientifiques et tentations esthétiques dans l’histoire naturelle du XVIIIe siècle

Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2009

Le discours scientifique du XVIIIe siècle est un objet hybride où se rencontrent et s’opposent sans cesse deux tendances divergentes : la volonté de créer une langue de la nature toujours plus formalisée, d’une part, qui conduise à une connaissance précise et efficace des choses, et l’attachement à un regard contemplatif, à une vision de surface attentive aux apparences – fussent-elles trompeuses -, d’autre part. Partout, le projet scientifique doit faire faceà la question de la beauté. Peut-on connaître et admirer à la fois ? Transmettre les données techniques issues de l’observationtout en transcrivant le plaisir que celle-ci procure ?

Cette étude envisage ces questions sous deux aspects : elle s’intéresse d’abord à la formation des discours formalisés dans ledomaine de l’histoire naturelle, aux modèles préexistants sur lesquels ils s’appuient, ainsi qu’aux alternatives qui se proposentaux auteurs lorsqu’il s’agit d’élaborer un langage susceptible detransmettre un savoir objectif sur la réalité naturelle. On aborde dans un second temps les débats qui se nouent entre des visions anciennes et modernes de la nature, autour des concepts de merveilleux, de contemplation ou de beauté naturelle.

A l’origine de notre modernité scientifique, le regard et le discours sur la nature ont dû faire le deuil du sentiment du beau qui anime pourtant l’intérêt de l’étude et contribue à élaborer une signification des êtres et des corps.